Darwin et le Top End

Publié le par lanoenoire

Nous sommes passés des Jacarandas parmes de Sydney au blanc immaculé et à l'odeur énivrante des frangipaniers de Darwin. D'une chaleur que nous trouvions déjà dense à Sydney, après deux mois d'une fraîcheur très bretonne en Nouvelle-Zélande, à la touffeur irrespirable de Darwin. L'impression d'entrer dans un hammam dès la sortie de la clim l'aéroport .40°C, un taux d'humidité qui varie de 80 à 90%. Un hammam dont on ne peut ouvrir la porte pour s'en échapper. Rien n'est agréable par cette chaleur. Chaque geste devient pénible, presque douloureux. Il nous faut tout d'abord nous habituer à la sensation très désagréable de tremper dans notre sueur dès le seuil franchi des locaux outrageusement climatisés. Car ici, les litres d'eau engloutis n'ont pas le temps d'atteindre la vessie. On pisse littéralement par chaque pore de la peau, du sommet du crâne à la pointe des orteils. On se découvre des glandes sudoripares fonctionnelles sur chaque millimètre carré de peau. La sueur ruisselle partout mais ne parvient à nous rafraichir nullepart. L'air lui-même est moite et dense comme nos poignées de mains. L'impression de respirer sous l'eau. Et c'est là, à ce stade de notre voyage que nous commençons le film. Les caméras à porter, le trépied, la grue, les heures de tournage quand il faut refaire dix fois les scènes pour juste changer l'angle de prise de vue...

On s'achète dare dare des chapeaux à large bord pour essayer de se protéger au max, on se promène avec des serviettes mouillées sur le cou pour de vaines tentatives de rafraichissement... Impossible de conserver plus de deux minutes les protections solaires et autres crèmes pour la peau. Tout est balayé illico par les vagues de sueur qui emportent tout comme une immense chasse d'eau.

Et très vite, s'ajoutant à cette pesanteur physique, le sentiment excessivement désagréable d'appartenir à la cohorte gigantesque des gros nazes de pollueurs. Quelques degrés de trop et voici tous nos beaux principes écologiques rangés avec nos sweat shirts, au fin fond de nos valises. Car l'aussie d'ici n'est pas écolo (loin s'en faut) et nous adoptons très vite son "way of life" ! Faire 100 mètres est si pénible que nous prenons la voiture (un gros 4X4 bien-sûr), avec la clim à donf et pour ne pas entrer dans une fournaise à 70°, on laisse tourner le moteur... et la clim pendant notre absence ! Idem quand on entre dans nos chambres d'hôtel ou les petits bungalows que l'on loue dans les campings. Le premire réflexe est de pousser la clim. Il faut dire que l'habitat écologique est un concept totalement inconnu ici. Les baraques sont tout en plastique et métal, sans la moindre isolation. Une offense aux principes de base de la construction. En fait, leurs maisons sont comme des voitures sans roues, sauf qu'il est totalement vain d'ouvrir les fenêtres pour espérer se rafraîchir. Ce pour deux raisons principales : d'abord, la maison ne peut, comme la voiture, se mouvoir et dans cet atmosphère sans souffle de vent, ouvrir les fenêtres ne règle pas le problème. Ensuite, si la chaleur et l'humidité sont pénibles pour nous, elles semblent offrir les conditions idéale au décveloppement des insectes. La mouche se plaît dans le top end. Elle est comme nous : lente et collante. Elle ne cède la place qu'à la nuit tombante à son cousin le moustique, qui nous colle aux basques comme une légion de fans, nous couvrant de baisers... piquants !

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Publié dans Australie

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moizan 25/12/2011 10:22

Ouf enfin un commentaire qui nous réconforte d'etre resté chez nous.... Ici l'air est agréable pour un mois de décembre.
Bizz
Les Moizan