L'ouverture de la coupe du monde de Rugby

Publié le par lanoenoire

Je n'avais plus connu une telle liesse populaire depuis bien longtemps. Depuis exactement cet été 1998 où la France avait emporté la coupe du monde de foot en trois buts qui avaient renvoyés les merveilleux brésiliens, dépités chez eux. Heureuse époque où "Black Blanc Beur" s'est substitué de façon éphémère mais si prometteuse, au traditionnel "sang impur" qui abreuve ordinairement nos sillons.

J'ai retrouvé cette même ferveur populaire, cette même fièvre bienheureuse et cette même diversité ethnique, ici, à Auckland. Sous les maillots uniformément noirs, déambule une foule venue de toute la moitié orientale de notre globe : polynésiens bien-sûr, mais aussi philippins que l'on reconnaît à leurs femmes aux cheveux masqués selon la tradition musulmane, indiens, sikhs toujours remarquables derrière leurs barbes fournies qu'écrase un turban en minaret de mosquée, chinois de toutes origines et japonais en tel nombre qu'on se demande si Fukushima n'y est pas pour queqlquechose. Et au milieu de cette foule multicolore mais entièrement drapée de noir, d'innombrables et éparses taches de couleurs : les supporters des équipes adverses : blancs les anglais, rouges les tongiens, bleu ciel les argentins et bleu roi les français... Mais tous, sans exception, arborent la bannière unique du sourire aux lèvres, de l'invitation à la fête, du partage des mêmes valeurs : sport et fair-play. Même les anglais sont sympas et nous souhaitent une belle coupe du monde...

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Habillés ou nus, les maoris sont toujours hors du commun. Ces gars là n'ont pas besoin d'avaler des tonnes d'hormones pour augmenter leur masse musculaire. Ils sont naturellement XXL, tout comme leurs succulentes moules vertes et bleues, dites du Pacifique, que l'on déguste le long des quais. Je ne sais pas ce qu'étaient les maoris cannibales des premiers explorateurs mais leurs descendants sont une allégorie de notre société de consommation : Oversized. Les cocas et fish&chips ont vaincu bien mieux que toutes les armées anglaises leurs statures de guerriers. Pathétiques baleines échouées aux portes du vingt et unième siècle. Seulement voilà, dès qu'ils quittent les oripeaux de notre culture, leurs corps nus, entièrement gravés de tatouages sophistiqués retrouvent la beauté sauvage de leurs ancêtres. Et toute cette graisse n'est plus qu'un faire valoir, une vitrine un peu plus large, une publicité que l'on ne peut pas rater. Le haka, les hakas devrait-on dire tant il y en a de différents, est considéré comme un  trésor national et enseigné à l'école, aux fils des anciens chefs des hautes terres, comme aux fillettes blondes comme les plages dorées, grains de sable de la couronne anglaise. L'école ici, vous apprend à tirer la langue de façon effroyable, à faire des grimaces épouvantables. C'est la première fois que Myrdhin, des étoiles plein les yeux, a demandé à aller à l'école.

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Publié dans Nouvelle-Zélande

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