Le long de la route de Maun à Shakawe

Publié le par lanoenoire

Cinq heures d’une route droite comme un i lancé à l’assaut de la terre promise. Pas un virage, pas une colline, pas un obstacle. Quelques check-points pour éviter les contaminations inter espèces, faune sauvage/bétail domestique : foot and mouth disease, lung disease. Les quelques villages qui s’égrènent le long de cette route unique sont des modèles d’architecture locale. J’ai l’impression d’être au pays de Kirikou. Ici, tout est rond : les cases de terre crue à la toiture de chaume, leur agencement les unes par rapport aux autres, les enceintes des villages faites de bambous dressés. Ronds les villages traditionnels et droite la route : deux points de vue qui s’opposent. Deux façons de penser le monde. De se l’approprier. Ici, impossible de mettre les enfants au coin pour les punir.

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Beaucoup d’animaux jalonnent cette route. Du bétail, en nombre. Zébus multicolores au cou pendant et à la bosse altière, ânes gris ou noirs et chevaux bais. Ponctuant notre avancée, quelques autruches, toujours des femelles, toujours par deux. Impressionnant. Les chevaux semblent ridicules à leurs côté. Et beaucoup beaucoup de petits calaos, qui viennent se nourrir des cadavres d’oiseaux et autres petits animaux, que rejette la route.

Les animaux, sauvages ou domestiques, sont sains, vigoureux, robes brillantes et flancs rebondis. Les villages propres. Pas de plastiques à traîner, pas de détritus. Des sacs poubelle hermétiquement fermés, attendent sagement d’être collectés. Vision surréaliste pour qui connaît l’Afrique de l’ouest.

Les vaches, en troupeau plus ou moins imposant, avec ou sans taureau, errent librement. Elles ne regardent pas passer les trains, ni les quelques voitures qui se croisent à grande vitesse le long de cette route unique. En revanche, elles en comprennent parfaitement les codes et se poussent prestement aux coups de klaxons réïtérés, des chauffeurs pressés. Chevaux et ânes sont parfois libres (dans ce cas, ils portent une cloche au cou), parfois entravés des antérieurs mais le plus souvent ils sont attachés deux par deux, par le cou. Et il n’est pas rare de voir partager la même touffe d’herbe sèche par un couple âne-cheval allant cahin caha.

Publié dans Botswana

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