merveilleux suricates !

Publié le par lanoenoire

Changement de paysage. Nous sommes dans les pans du Makgadikgadi (prononcer le g à la hollandaise, comme un R dur). Paysages plats et désertiques du Kalahari. Voilà presque deux heures que nous sommes secoués au gré des aléas de la piste, lorsque nous apercevons des petites formes sautillantes, tantôt dressées, tantôt courant de ci de là. Un groupe de suricates. Quelle merveille ! Cela fait trois ans qu’ils sont quotidiennement suivis par un guide qui ne travaille que sur ce groupe, si bien qu’ils sont aujourd’hui très familiers avec les humains.

Nous laissons le groupe de touristes allemands avec qui nous avons voyagé et restons seuls avec le guide et les suricates. Et là, quel bonheur ! Nous nous asseyons sans bouger au milieu de la petite troupe d’une dizaine d’individus qui s’active à fourrager les maigres herbes alentour. Un guetteur trouve plus commode d’inspecter les environs depuis le sommet du crâne d’Esther. Elle est aux anges ! Myrdhin, est un peu trop remuant, malgré toutes nos recommandations, pour être choisi comme promontoire. Il est déçu !

DSCN1866.JPGDSCN1880Nous les observons s’activer sans cesse autour de nous. La vie, dans ces contrées âpres, est difficile et la société des suricates s’est entièrement adaptée aux contraintes qu’impose le désert. Le groupe assure la survie de chacun. Moins de dix individus, la vie devient compliquée. Plus de vingt, nécessite de trouver suffisamment de nourriture, ce qui est rarement le cas. Seul le couple dominant se reproduit, mais chacun sert de baby sitter aux nourrissons. La femelle dominante, la mère, ne s’occupe de ses enfants que pour les allaiter. Le reste du temps, elle le passe à fourrager, car de la qualité de sa nourriture dépendra la qualité de son lait et donc la survie de ses quatre à six bébés. Au bout de six semaines de soins constants de la part de tous les autres membres de la troupe, les bébés sortent du terrier familial. Ils doivent alors apprendre à se comporter comme des suricates. Long apprentissage qui nécessitera quatre semaines supplémentaires pendant lesquelles les petits sont nourris par les autres membres du groupe qui fourragent devant eux. Insectes coriaces, larves dodues, scorpions venimeux et grenouilles (à la saison des pluies), constituent l’ordinaire des menus. Parfois, un reste de serpent tué par des mangoustes dorées et non entièrement consommé car trop volumineux, apporte un supplément de protéines. Contrairement à la légende, les suricates ne tuent pas de serpents et ne sont pas immunisés contre leurs morsures. En revanche, ils récupèrent remarquablement bien et sont totalement insensibles aux piqûres du scorpion.  Plus ils sont piqués, plus cela les rend agressifs envers le redoutable arthropode et plus ce dernier fait partie de leurs mets de prédilection.

 DSCN1855

Le soleil grimpe dans le ciel, la chaleur devient pesante, les suricates, qui doivent exposer leur ventre gris aux premiers rayons afin de se réchauffer, sont désormais très actif. Mais ils ne peuvent supporter trop longtemps un tel rayonnement et doivent régulièrement aller chercher quelques instants de repos à la fraicheur relative de leur terrier. C’est là que nous les rejoignons, en silence. Nos grandes carcasses d’humains leur assurent un supplément d’ombre fort apprécié et cette fois c’est Myrdhin qui est choisi comme promontoire. Ils sont partout tout autour de nous et s’épouillent mutuellement sous nos yeux émerveillés. Quelle belle rencontre !

Publié dans Botswana

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Joub 09/09/2011 20:57


Tiens un blog !
Tiens des nouvelles !
Tiens on va lire tout ça !
Tiens on en profite pour vous embrasser !


tania 07/09/2011 12:17


Des suricates, des autruches, les majestueux baobab - j'adore ces petites histoires : c'est mieux qu'Attenborough ! Et puis le blog sur les idées reçues... Convaincue que l'intégration
passe par le vieux adage « quand à Rome... » je voulais élever mon enfant à la française. Alors, croyant bien faire comme ce gentleman Keith je lui donne depuis des années un verre de
rouge avec ses cuisses de grenouille, mais attention, seulement au petit déj'. Enfin, sauf les jours où il porte sa marinière et son béret car même moi je trouve que ça fait un peu trop avec sa
Gauloise brune. Et puis, soyons honnêtes, tout ça est un peu difficile à digérer si on mange des escargots le soir, alors...
de la part d'une Rosbif qui n'est pas rousse, ne s'habille pas en rose pastel (c'est nouveau celui-là!) ne mange jamais de bœuf, encore moins avec la sauce à la menthe (parce que bon, les vrais
connaisseurs savent que cela se mange avec de l'agneau!) et commence tout juste à boire du thé ... MAIS qui fait la queue flegmatiquement (même à la poste!), aime bien les « Fish &
Chips » et les œufs brouillés, mange du jelly à l'occasion et aime croire que l'humour british n'est pas qu'une idée reçue !! Take care !


Ghislaine Pinatel 06/09/2011 22:51


Dans une autre vie, je veux être suricate!
je vous suis à la trace et c'est vraiment cool.
profitez, profitez de cette expérience unique.
Des bisous partout - enfin pas partout quand même!
Gigi


tiotia 04/09/2011 10:12


Coucou mes amours

OUAOUHHHHH

Quelle chance vous avez de vivre ce rêve absolu!!! Je lis et relis chaque article et ai un peu le sentiment de partager à distance votre périple. Je suis skypée désormais j'attends donc que vous me
fassiez signe dès votre arrivée à Auckland pour un échange plus "intime"! N'empêche que je vous aime infiniment!!